Calabre 2019 ( mis à jour le 5/06/19 )
Calabre mai 2019
Mardi 7 mai : départ
Départ matinal de la gare de Genval après une courte nuit, avec mon' train direction Schaerbeek et les tickets via Proximus. Changement à Bruxelles-Schuman et arrivée bien à temps et sans encombres au rendez-vous Intersoc avec Michel dans le hall des départs de Zaventem.
Boarding Pass imprimé la veille, aucun problème pour l'embarquement et le vol vers Naples avec Brussels Airlines. Nous sommes attendus à l'aéroport et notre premier repas en groupe dans un chouette resto, près du garage Christian ;-) nous permet de faire connaissance avec une partie de nos compagnons de voyage. Nous sommes 26 au total, un nombre raisonnable pour une organisation parfaite. Nous faisons d'emblée connaissance avec un Baudouin et une Reine, cela nous semble de bon augure ;-)
Nous traversons les faubourgs de Naples, avec son linge qui pend aux balcons. Le bus prend la direction de Saverne et contourne le Vésuve dans toute sa splendeur.
Quelques beaux villages perchés comme Ravello et un paysage varié et montagneux, avec une route impeccable où se succédent les tunnels et les longs viaducs. Espérons qu'ils soient tous plus solides que celui de Gênes !Notre premier hôtel est simple mais correct, à Scalea au bord de la mer. Nous avons vue sur la piscine. Après un verre de bienvenue, un repas copieux nous est servi et nous faisons connaissance avec quelques autres couples.
Mercredi 8 mai : Cosenza
Après un petit déjeuner pas terrible, nous prenons la route vers l'hôtel de notre séjour à Zambrone sur la Costa degli Dei (côte des dieux), à 8 km de Tropéa. C'est l'Hotel Scoglio del Leone : Rocher du Lion.
Le trajet est encore assez long via l'autoroute. Après la traversée de l'arrière pays, nous nous dirigeons vers Cosenza, chef-lieu de la province. Il fait assez frais 15-16 °C.
Deux fleuves traversent la ville : le fleuve Chati et le Busento qui se jettent dans la mer Ionienne. A l'entrée de la ville, nous accueillons la guide à bord du bus.
La ville est dominée par un château reconstruit par Frédéric II en 1184 après un tremblement de terre désastreux. Ses tours sont octogonales, symbole de la rencontre du ciel et de la terre pour signifier la perfection.
Le bus s'arrête Place du 15 mars et la visite démarre par le théâtre 'à l'italienne' Rendano, puis le palais du gouvernement provincial avec deux salles richement décorées. A l'extérieur, les ouvriers municipaux rassemblés semblent manifester en silence, ou est-ce simplement du désoeuvrement ? Nous ne le saurons jamais.
Puis nous visitons la cathédrale dans laquelle est enterrée Isabelle d'Aragon, reine de France. Je suis impressionnée par la Vierge du Pilerio qui selon la légende sauva de la peste les Cosentins en 1602. La Vierge donne le sein à l'enfant Jésus et est représentée de très nombreuses fois. En particulier dans le musée d'art sacré qui expose une collection impressionnante de cette Vierge à l'enfant.
A l'intérieur un orgue majestueux nous fait lever la tête. Un office du rosaire se déroule en ce moment. Les fidèles ont l'air très fervents. Les prières et les chants grégoriens se succèdent.La visite se poursuit avec un magasin d'artisanat de tapis, très luxueux, avec des modèles de tableaux des plus grands maîtres. La responsable de la boutique nous explique la fabrication des tapis avec beaucoup de passion et l'arrivée inopinée de l'échevine de la culture la met dans tous ses états. Elle veut des photos avec la dite échevine, les gens du groupe et je pose pour une photo qui sera sans doute publiée dans le journal communal de Cosenza. J'avais repéré une trousse décorée des coquelicots de Vincent Van Gogh. Je n'ai pas vu de prix, et n'ai pas osé le demander, devinant qu'il serait trop élevé. C'est bien dommage que ces produits artisanaux soient vendus si cher qu'aucun n'est finalement acheté.
La visite reprend avec les audioguides vers la ville basse, avec le confluent des 2 fleuves et la statue d'Alaric qui meurt noyé sur son cheval.
Ensuite, une église dédiée à Saint François d'Assise et un petit musée d'art moderne dans lequel des chambres sont prêtées en été aux artistes itinérants.
Nous remontons toute la rue principale pour le repas en terrasse. Sympa et copieux le buffet de tapas' puis des pâtes, Lors de ce repas, je fais la connaissance de Michèle dont la grand-mère habitait à Habergy !! Le monde est un village !!
Repus, nous reprenons la route en partie côtière, vers notre hôtel le long de la mer, avec vue sur le Stromboli (à 60 km).
La température a remonté et nous aurons droit à un beau coucher de soleil.Les chambres de l'hôtel sont construites le long de la colline vers la mer. Une voiturette de golf nous conduit avec nos valises à la porte de notre chambre. Notre première hâte est de nous rendre à la mer, et nous voulons nous assurer de prendre un chemin qui ne serait pas bloqué par une propriété privée intermédiaire : à la réception, on ne parle pas français et assez mal anglais : je comprends que la voiture de golf et Leo vont nous y conduire. Leo n'est pas enthousiaste et dit que sa journée est terminée, mais en insistant un peu, il nous y conduit en vitesse Au bout de la plage de galets, de beaux rochers nous tendent les bras.
Au moment de prendre la douche, petit problème d'eau chaude, mais qui sera vite règlé. Les chambres sont vraiment confortables.
Lors du verre de bienvenue, Michel donne les instructions par rapport aux soupers avec le choix de l'entrée et du plat : ce soir, on choisit au début du repas, et pour les autres jours, on fait son choix la veille, par table. Cela signifie donc que nous devrons toujours nous retrouver à la même table...
Daniel fait connaissance avec Mr Pignon (comme dans la comédie bien connue ;-), un liégeois très sympa et pas con du tout. Au fil des jours, je me lie d'amitié avec Claudine, son épouse.Jeudi 9 mai - Tropea et Capo Vaticano
Journée à Tropea, perle de la Calabre, à quelques km de l'hôtel.
Nous accueillons le guide qui nous accompagnera pendant la plus grande partie du séjour : Giuseppe, surnommé Pippo.La journée débute par la visite, ou plutôt un arrêt à Capo Vaticano. Rien à voir avec le Vatican. Le mot Vaticano dériverait du latin Vaticinium, qui signifie oracle, verdict. Une légende veut que la prophétesse Manto (du grec Manteuo, 'je donne des verdicts') habitait la pointe extrême du promontoire.
Les navigateurs se seraient adressés à elle avant de s'aventurer parmi les tourbillons de Scilla et de Cariddi et Ulysse lui-même, ayant échappé aux rochers du danger, aurait demandé les augures à Manto à propos de la continuation de son voyage.A partir de Capo Vaticano, nous avons une première vue sur la Sicile, mais de loin.
En route vers Tropea, nous constatons que la culture des oignons rouges est très importante dans cette région. Les oignons sont déjà récoltés en ce mois de mai.A Tropea, la visite commence par une boutique qui nous présente quantité de produits locaux avec dégustation en prime et offre de porter nos achats vers le bus.
Nous avons l'occasion de goûter leur fromage de brebis, le pecorino, des saucissons divers, de la brusheta, les fameux oignons rouges en sauce ou en confit, l'huile d'olive, les aubergines grillées, la bergamote, le limoncello et autre grapa ...
Nous visitons la cathédrale qui fut épargnée pendant la guerre, les 2 bombes qui devaient la détruire n'ayant pas explosé, elles sont exposées dans l'entrée du bâtiment.La petite ville est construite sur un promontoire rocheux qui domine une marina et une petite île avec son église perchée. De belles terrasses ensoleillées accueillent les visiteurs pour admirer les paysages romantiques. On remarque aussi de nombreux palais, dont certains sont en ruine, alors que d autres ont été restaurés par des banques ou de riches acquéreurs. Les façades sont classées et conservent les trous caractéristiques qui servaient à monter les échafaudages à l'époque de leur construction.
Sur la petite place centrale où nous avons rendez-vous avant le dîner se trouvent l'office du tourisme et un bistrot sympa dans lequel nous prenons une grande bière, servie avec chips, cacahuètes, petits biscuits salés, puis un plateau de morceaux de pizzas bien alléchants, mais que je veux refuser, pensant que ce sera forcément payant. Mais non, non c'est offert. Puis la serveuse arrive encore avec un plat supplémentaire, mais là ce n'est vraiment plus raisonnable, nous devons directement aller dîner !
Nous voici d'ailleurs attablés dans le petit resto sympa réservé par Intersoc avec Michel, notre accompagnateur (et ancien collègue ) et son épouse. Echange de souvenirs de notre carrière passée, et encore une grande bière ! Le dessert, un ravier de fraises délicieuses restera dans nos mémoires. Le reste du voyage sera curieusement très pauvre en fruits !Encore un peu de temps libre et nous décidons de marcher vers le cimetière repéré à partir d'une des terrasses. On n'y arrivera pas. Dommage, car les cimetières en Calabre sont spéciaux : on n'enterre pas les corps, ils sont superposés dans des constructions verticales, moins impressionnantes qu'en Grèce ou à Milan, mais que nous aurions espéré visiter à notre aise.
Le soleil tape fort et j'ai mal aux yeux. C'est peut-être aussi un peu l'effet de la bière ? A notre retour à l'hôtel, nous faisons un petit somme avant de retourner sur la plage. Daniel ne résiste pas à mettre les pieds dans l'eau et à se dévêtir quelque peu, ce qui sera remarqué
Souper à la même table, premier exercice de mémoire pour se souvenir des plats réservés la veille et à nouveau un choix pour demain : 4 choix d'entrées, avec toujours beaucoup de pâtes et de sauce tomate, pas appréciée par tous Finalement tout le monde le prend à la rigolade. Aïta, la fille de Michèle est notre chef de table' et prend les votes par plat, alors que la tablette de Betty est indispensable pour la traduction des noms des plats, ainsi que la jugeote de Christian pour faire les déductions réalistes en termes culinaires (à l'encre de seiche, )
Il fait plus brumeux qu'hier et le Stromboli n'est pas très visible ce soir.
Vendredi 10 mai : Reggio di Calabria - Scilla
Départ de très bonne heure pour Reggio di Calabria, capitale de la Calabre, reconstruite après le tremblement de terre de 1908.
Le trajet est assez long via l'autoroute.
A Reggio nous arrivons directement au musée archéologique. Deux sculptures en bronze nous éblouissent d'emblée, surtout les dames : monsieur A et monsieur B, des guerriers grecs au physique très avantageux, nus et en parfait état, les trésors de la Calabre, que s'arracheraient Macron pour les JO de Paris, et autres villes pour des manifestations sportives mondiales. Mais, c'est non, et non !
Beaucoup de vases et autres pièces récupérées à divers endroits et rassemblés dans ce Musée de la Grande Grèce'.
Puis nous nous baladons sur le front de mer avec vue sur le détroit de Messine, le plus beau km de Calabre ! Au loin, l'Etna en Sicile. Vraiment un moment priviligié : beau temps, beaux monuments tout au long et des vues imprenables aussi bien de la promenade du haut que le long de la mer.
Nous avons encore un peu de temps avant le rendez-vous du groupe au bus et nous retournons à la rue Neuve' de Reggio : de beaux bâtiments, quelques balcons et les ruelles perpendiculaires qui donnent sur la mer.
Pour le dîner, nous nous dirigeons vers Scilla, station balnéaire dominée par le château de la famille de la reine Paola Ruffo di Calabria. Le bus nous conduit en haut à l'entrée du château, dont le principal mérite est la vue exceptionnelle. Nous débutons la descente à pied le long de ruelles étroites fréquentées par des vélomoteurs, des voitures de golf et autres, et surtout avec vue sur les rochers et sur la mer. La spécialité de la région est la pêche traditionnelle à l'espadon : un bateau voyage au large probablement pour les touristes ;-), Les pêcheurs perchés au sommet du mât sur une hune servent de guetteur pour repérer l'espadon et de guides pour diriger le navire tandis que celui posté à l'extrémité de la passerelle au-dessus des flots a pour tâche de harponner le poisson.Samedi 11 mai : les îles éoliennes
Grande journée en mer : découverte des îles éoliennes et des volcans.
Départ matinal pour le port de Tropea où nous attend un bateau pour la visite des îles éoliennes au large de la Sicile.
L'excursion était au programme de dimanche mais les prévisions météo ont poussé à changer le plan.
Le voyage vers la première île, le Stromboli est assez long. Nous sommes sur le bateau avec les allemands de l'hôtel. Course à l'abordage pour avoir les meilleures places. Nous nous installons à l'avant du bateau, près du poste de pilotage, à l'intérieur : la meilleure place, à l'abri du vent, du soleil et du froid du matin. J'observe les allées et venues de l'équipage et des guides des différents groupes qui entrent et sortent de la cabine : le commandant est un bel italien ténébreux qui fume cigare sur cigare, le mécano porte une combinaison blanche quand même un peu tachée. Deux mécaniciens passent et repassent sur le pont, une guide italienne parle sans arrêt, dans toutes les langues, mais avec une qualité de son exécrable, incompréhensible. Pippo a du mal à s'imposer pour nous parler calmement via nos audioguides.
La mer est houleuse et Daniel a le ventre tout retourné. A l'approche du Stromboli, il n'en peut plus et descend aux toilettes. Sur le pont inférieur, plein de personnes malades sont affalées sur les tables.
Le Stromboli crache toutes les quelques minutes un nuage de vapeur et de cendres, spectacle hypnotique que nous pourrons photographier à notre aise lors de la halte bienvenue à terre. Daniel se remet de ses émotions dans un petit bistro sympa où je m'offre un granité au citron, mmmh, et il nous reste quelques minutes pour grimper la petite rue commerçante qui offre de belles vues sur le volcan et qui mène à une église et à une terrasse plaisante. Nous croisons des français qui logent sur l'île et ont pu s'approcher de nuit des coulées de lave.
Nous voilà déjà en route vers les autres îles et rochers pour la plupart inhabités.
La prochaine étape sera l'île de Lipari, la plus étandue.
Entretemps nous naviguons au large de Panarea également visible par temps clair de notre hôtel. Le premier rocher est le petit Stromboli' : Strombolicchio avec son phare blanc (celui de mon nouveau marque-page ;-)
Avant Lipari, nous croisons au large de l'ile de Salina avec l'acropole de sa cathédrale en surplomb. Nous ne débarquons pas au premier arrêt du bateau à Lipari car nous avons accepté de payer un supplément pour faire le tour de l'île. Finalement décevant : nous ne faisons pas le tour complet, la seule chose intéressante sera le village et les installations fermées de l'exploitation de pierre ponce et d'obsédienne. Ces activités lucratives ont dû être interrompues à cause de l'entrée de l'île dans le Patrimoine mondial de l'humanité. Pas sûr que les revenus engendrés de ce fait par le tourisme compensent la perte d'emplois dans la région !
Cette courte excursion va malheureusement limiter drastiquement le temps disponible sur l'île, d'autant plus que c'est là que le dîner est prévu, et pour une fois, le menu n'est pas imposé : le service est plus lent. Planning à améliorer pour le prochain voyage ?
Lipari fut jadis le fief du terrible pirate Barberousse avant d'être rattachée au royaume de Naples et actuellement à la Sicile comme toutes les autres îles visitées.
Nous aurons enfin mis le pied en Sicile après 30 ans d'attente suite au voyage promis par la SESA et annulé à mon corps défendant, Daniel ne s'en remettant toujours pas.
Nous n'avons que 30 minutes pour découvrir les belles boutiques de la rue principale. C'est à regret que nous remontons sur le bateau. Prochaine halte, Vulcano, toujours en activité aussi, avec des fumerolles de souffre et des boues chaudes, ainsi que des émanations qui réchauffent fortement l'eau du fond de la mer. Seulement une boutique proposant des bijoux ainsi que des bibelots figurant toutes sortes d'animaux au design moderne, mais trop cher pour nous. Nous retournons à notre aise analyser les fumerolles, seule attraction intéressante mais quand même faible par rapport à ce que nous avons vu en Islande !
Le retour en bateau sera aussi long que l'aller malgré que le bateau navigue à fond. Heureusement mon voisin est un jeune allemand en Erasmus à Cosenza et qui connaît et apprécie de parler français. Grand voyageur, il n' a pas encore découvert la Belgique. J'espère que notre rencontre corrigera ce défaut à son parcours prometteur ;-)Dimanche 12 mai : Locri et Gerace.
Au programme aujourd'hui, visite de Locri et de son musée le long de la mer Ionnienne, puis de Gerace dans la montagne.
Nous traversons la Calabre d'ouest en est pour arriver à l'endroit où ont débarqué les grecs de l'antiquité.
Pour ce faire, nous traversons le parc naturel d'Aspromonts. L'autoroute est subsidiée par l'UE : ce ne sont que viaducs et tunnels sur tout le trajet.
Le petit musée archéologique municipal de Locri nous accueille sous une pluie battante, qui heureusement se sera calmée à notre sortie vers le site extérieur plus intéressant. Il reste quelques ruines dans un bel environnement de plantes et de fleurs printanières. Il fait très vert en Calabre.Gerace est perché sur les hauteurs toutes proches. Pour accéder au château nous devons prendre un petit train qui grimpe vers la forteresse. Le trajet se fait en musique et bonne humeur au son de la musique traditionnelle : la tarentelle. Michele, le chauffeur du bus nous accompagne et participe à l'animation.
La montée vers la forteresse construite par les Normands et détruite par plusieurs tremblements de terre nous laisse voir de splendides vues sur le paysage en contrebas qui s'étend majestueusement jusqu'à la mer Ionienne.Ensuite nous visitons la cathédrale, dans l'entrée de laquelle des bénévoles font une action en ce jour de fête des mères pour récolter de l'argent pour la recherche contre le cancer du sein.
La soirée à l'hôtel sera animée par un orchestre local entrainant et nous nous laissons aller à quelques pas de danse. Bonne ambiance dans le groupe.
Lundi 13 mai : journée libre - découverte de Zambrone
Journée pluvieuse annoncée. Pourtant ce matin le temps semble dégagé et propice à la ballade.
Il y a une gare à Zambrone tout près de l'hôtel, et nous pourrions retourner à Tropea, mais les horaires sont fantaisistes : un seul train le matin très tôt, puis seulement à 12h30, 13h30,
Nous décidons d'aller à pied le matin, visiter le village de Zambrone, sur les hauteurs. Google map annonce un trajet de 55 minutes. Si c'est trop dur, nous ferons demi-tour. Le chemin de départ n'est pas très engageant puisqu'il faut remonter le long de la route principale qui serpente en lacets et est heureusement assez large pour notre sécurité. Il n'y a pas trop de trafic et le temps est agréable. Au moins nous pouvons admirer les fleurs et les plantes à notre gré. Pendant les trajets en bus, cela me manquait et j'ai fait un tas de photos bonnes à jeter en tentant de capter les coquelicots ou les joncs.
Après un premier hameau au sommet, la route oblique à droite en légère pente d'abord, puis de nouveau en remontant vers Zabrone.
C'est l'occasion de découvrir de près les cultures d'oignons rouges, de haricots,
Nous arrivons dans un joli village avec une église au centre de la Place de la Poésie.
Une pergola en plants d'orangers très parfumée, une statue fleurie de Padre Pio qui regarde son église dédicacée.
L'employé municipal est en train de nettoyer les branches séchées en dessous de deux citronniers couverts de fruits. Daniel en ramasse un tombé par terre mais l'ouvrier bien sympa l'invite à en cueillir de plus beaux directement sur l'arbre. Ils accompagneront mes plats de poisson à la maison ;-)
Sur les façades des maisons, des fresques en relief très bien faites et des poèmes en italien d'auteurs comme Federico Garcia Lorca.
Nous remarquons une étrange statue équestre en acier avec 2 chevaux et 2 cavaliers.
Au bout du village, un petit sanctuaire extérieur dédié à la Vierge décoré de rubans et des fleurs d'une mariée.
En contrebas la nature avec ses orangers et citronniers.
Nous sommes enchantés de notre découverte, mais il déjà temps de rentrer.
Encore des photos de cactus géants, une feuille récente en forme de coeur, de magnifiques oliviers centenaires, une botte d'oignons rouges appuyés à leur pied.
Quelques gouttes nous poussent à accélérer le pas. C'est plus facile de descendre et la vue sur la mer et les magnifiques paysages nous enchantent tout du long.
Au passage nous allons acheter les billets de train pour Tropea.
Nous rentrons juste à temps pour prendre une douche rapide avant le dîner et remonter fissa fissa au restaurant de l'hôtel.
Les amis sont tous là à notre table et la plupart projettent d'aller à Tropea. Mais l'orage nous rattrape et une pluie diluvienne noie rapidement la terrasse devant le restaurant. Nous voilà bloqués jusque 15h, l'occasion de faire mieux connaissance avec quelques membres du groupe qui ne sont pas à notre table.
L'orage s'étant quelque peu calmé, nous décidons d'aller à Tropea, vu que nous avons les billets de train en poche. Le train de 15h32 n'arrivera jamais. Nous voulions visiter le cimetière de Tropea à la recherche de la tombe de Raf Valone, un acteur calabrais connu. Déçus, nous retournons à la chambre pour une petite sieste.
Nous sommes contents de recevoir des nouvelles de Sandrine en Afrique du Sud et d'Aurélie qui a commençé ses gros travaux pour sa cuisine. Apparamment, il fait meilleur là-bas.
Souper habituel avec le rituel bien huilé du choix des plats pour demain. Les serveurs sont de plus en plus sympas avec nous, vu les petits coeurs et mots doux ajoutés sur la feuille de réservation, et notre demande répétée et finalement accordée pour des fruits.
Cette journée libre que nous appréhendions s'est bien passée grâce à notre belle découverte du matin et à un peu de sueurs et d'efforts.
Mardi 14 mai : Serra San Bruno
Journée de visite consacrée au centre de la Calabre avec la découverte d'un monastère de Chartreux, puis de la ville voisine de Scilla.
Le temps est moyen mais franchement meilleur que celui d'hier.
Tout le monde commente son après-midi de lundi. Quelques-uns ont pris le train de 16h30 pour Tropea. Dommage pour nous d'avoir râté le cimetière marin.
Le premier village visité est Serra San Bruno, avec ses 3 ou 4 églises, restaurées avec des crédits européens. Elles sont de styles très différents. Nous sommes frappés par la statue du Christ allongé avec les stigmates de la crucifixion, qui est certainement promené en procession, vu les montants pour le porter. C'est dans l'église de l'addolorata avec un portail en bronze représentant les épisodes douloureux de la vie de la Vierge (N-D des 7 douleurs). L'église Ste Mère de l'Église de St Biaggio avec une façade baroque et plusieurs statues en provenance de la Vieille Chartreuse.Puis nous repartons pour la visite du musée de la Chartreuse à côté du Monastère encore occupé. Les moines sont invisibles. Le musée reconstitue au mieux leur quotidien fait de prière, de silence et de ttavail. Il resterait ici une dizaine de moines. A l'origine, les moines y entraient pour se repentir de lourdes fautes ... Tiens, pourquoi n'y en a-t-il pas plus ?
La scénographie est bien faite mais Daniel s'éclipse et sort du musée pour faire des photos en recul des vieux murs et pour visiter les deux boutiques.
Surprise : des bouteilles d'Orval sont bien mises en évidence à 4 euros ! Le vendeur explique qu'il ne s'agit pas de vin ! Qui peut bien acheter de l'Orval ici ? Ce n'est pas la première abbaye dans laquelle nous remarquons des échanges de bons procédés pour promouvoir et vendre la production des 'collègues'. Ici on produit de la Chartreuse, une liqueur très forte à base de plantes.
Les alentours sont propices à la promenade. Daniel finit par apercevoir des moines qui reçoivent semble-t-il la visite de leur famille.
La promenade prévue vers le sanctuaire de Santa Maria del Bosco est remplacée par un déplacement en bus. Dommage, mais le temps est frais et menaçant. Une source alimente un étang dans lequel le fondateur est représenté en train de faire ses ablutions. Une série d'escaliers monte vers une petite église et une chapelle. Nous marchons un peu aux alentours, mais la pluie nous rattrape. Dans le creux d'un arbre, nous remarquons une petite crèche. Amusant. L'endroit est équipé pour des BBQ géants en été, mais c'est vide, ce n'est pas la bonne saison.Après le dîner en ville, nous reprenons le bus pour le retour via Pizzo Calabro, petit port côtier à proximité de Zambrone. Nous y sommes souvent passés lors des trajets des jours précédents, sans nous y arrêter.
Nous allons d'abord visiter l'église rupestre de Pedigrotta située en bordure de plage. On y accède par des volées de marches, 130 à peu près. L'église est creusée dans la roche au départ d'une caverne naturelle.. Elle a été aménagée par les rescapés d'un naufrage puis un original qui ont sculpté de multiples scènes de la bible et aussi des représentations de personnalités comme JFK et le Pape Jean XXIII. Il parait que cette attraction fait plus d'entrées que le musée de Reggio !Nous remontons les marches sous la pluie et reprenons le bus jusqu'au centre ville médiéval. Une petite rue commerçante conduit vers une place centrale où notre guide se fait démarcher par les tenanciers de bars, restaurants, glaciers. Le tartuffo est LA spécialité de Pizzo.
C'est également là que le beau-frère de Napoleon, le maréchal Joachim Murat, roi de Naples fut emprisonné, jugé et fusillé par ses propres soldats. Fortement estimé par ceux-ci, il s'y prirent à deux fois avant de tirer sur leur roi.
Il subsiste la forteresse. Des chasseurs de touristes en taxi 3 roues proposent la visite. Pippo se fait encore interpeller.Beaucoup de gens désoeuvrés, à l'air un peu patibulaire, dans cette ville. On n'est pas trop rassurés, mais il paraît que la mafia locale ne s'en prend pas aux touristes ...
Il a fallu attendre le dernier jour avec notre guide pour qu'il accepte de s'exprimer à propos de la Mafia Calabrese, la Ndrangheta.
Ceux-ci sont basés dans les villes de Reggio, Cosenza, Catanzaro et Crotone. Ils obligent les commerçants à payer le 'pizzo' en échange de leur protection. Ils pratiquent la vendetta et sont surtout actifs dans la forêt de l'Aspromonte outre les villes citées ci-dessus. Ils sont actifs dans la vente de cocaïne et depuis l'affaiblissement de la Cosa Nostra pourchassée en Sicile, la Ndrangheta est devenue l'organisation mafieuse la plus active du pays. Mais comme dit le guide : 'il ne faut pas trop en parler' pour éviter les ennuis.
Pippo est très religieux. Il nous parle également de l'exode des jeunes, de l'organisation des mariages : chaque père de famille doit acheter une maison à chacune de ses filles pour leur permettre de se marier. Il nous parle des multiples fêtes religieuses.
Les minorités locales parlent des dialectes calabrais. Une importante minorité albanaise à Cosenza parle sa propre langue. D'autres dialectes se rapprochent du grec ancien ou encore du français occitan dans les îles éoliennes.Le drapeau de la Calabre reprend le blason avec en haut le larix, un arbre typique de Calabre, en bas un chapiteau dorique rappelant les origines grecques, et les croix byzantine et potencée qui rappelle la première croisade connue sous le nom de Jérusalem.
Nous terminons la visite de la ville sous la pluie. Cela permet quand même à Pippo de faire travailler l'un des taxis 3 roues pour ramener quelques personnes au bus. Ce sera le dernier trajet avec notre guide. Il nous offre gentiment des oranges du jardin de son papa, et nous lui faisons nos adieux à l'arrivée à l'hôtel.
Mercredi 15 mai : Catanzaro
Nous quittons l'hôtel du séjour à Zambrone avec un peu de nostalgie pour les charmants serveurs que nous ne reverrons donc plus ce soir.
Nous sommes attendus à 10h à Catanzaro, grande ville au Nord de la Calabre, avec le viaduc le plus long d'Europe, le pont Bisantis. Le temps est menaçant. Nous arrivons sur le parking du Parc de la Biodiversité mais la guide est en retard. Il commence à pleuvoir et nous vaquons entre les oeuvres d'art disséminées dans le parc, dont le premier bien visible de loin et le Mesureur de nuages de Jan Fabre. La guide, une très jeune femme arrive avec près d'une heure de retard et se laisse surprendre par la pluie de plus en plus intense. Elle n'a pas l'habitude de gérer un groupe dirait-on et on tourne en rond dans ce parc, de plus en plus mouillés. La guide nous raconte que les oeuvres d'art sont le fruit d'étudiants locaux !! Elle veut nous montrer des lapins et des perroquets en cage, et le musée napoléonnien. Le bus ne peut pas nous conduire en ville semble-t-il. Nous faisons une croix sur la visite prévue de la vieille ville et fonçons vers le restaurant. Tout le monde est trempé et une rangée entière de chaises sera nécessaire pour faire quelque peu sècher les vestes. Au moins le restau gardera un souvenir de notre passage, avec la photo de groupe réclamée avant notre départ.
Notre dernier hôtel d'étape à Lagonegro, dans la région Basilicate, directement à la sortie de l'autoroute est un 4 étoiles. Les chambres sont équipées façon domotique. Je trouve ça génial, mais quand même avec un petit hic : partout tu peux allumer et éteindre chaque lampe en passant simplement ton doigt devant le logo adéquat. Je suis occupée à la salle de bains et Daniel s'est allongé sur le lit. Il teste à son tour ce nouveau jouet et éteint tout : normal depuis le lit ! Le problème c'est qu'il ne peut pas rallumer la salle de bain : on ne peut y accéder que près de la porte : bug bug bug !
Je descends à la réception pour avoir les codes wi-fi et dès que mon smartphone est connecté, je reçois un appel de Sandrine, en Afrique du Sud, la voix tremblante, qui annonce que sa dernière offre immobilière est acceptée : la voilà propriétaire !
Le verre de bienvenue tombe à pic pour fêter la bonne nouvelle.Jeudi 16 mai : retour en Belgique (ou presque)
Les valises sont prêtes. Le petit déjeuner est vite avalé. Nous sommes prêts. Je demande une photo avec Michele devant sn bus. Cela devient une habitude, après Sam à la gare de Schaerbeek) ;-)
Nous tardons un peu pour le départ, car on nous prépare un super lunch paquet pour ce midi, notre vol étant prévu vers 14h.
Très vite, nous comprenons qu'une grève de Skeyes à Bruxelles va engendrer des problèmes pour notre retour. Oui, notre avion à Naples est supprimé. Intersoc nous demande de nous rendre à Rome : Michele nous laissera à l'aéroport de Naples, sa mission s'achevant là. Un autre bus viendra nous prendre et nous acheminera vers Rome pour un vol en soirée. Bonjour mon billet de train déjà payé, nous arriverons sûrement trop tard dans la soirée. Mais Intersoc va s'occuper de nous.Finalement Michele ne va pas nous abandonner ainsi : il nous accompagne jusque Rome et nous évitons les manipulations de bagages. Mais l'heure prévue pour notre vol est plusieurs fois retardée et je crains bien que ce ne soit plus pour aujourd'hui : en tout cas, il ne faudra pas enregistrer les bagages avant que notre avion n'ait décollé de Bruxelles.
Nous squattons un couloir extérieur entre le terminal 2 et le terminal 1 et nous prenons notre lunch, vraiment bienvenu pour faire passer le temps. Dans le hall du terminal 2, il y a une petite exposition des machines extraordinaires de Leonardo Da Vinci, ainsi qu'une librairie où nous flanons un bon moment.
Finalement nous passons à l'enregistrement. Brussels Airlines semble m'avoir oubliée mais le problème se résoud vite, ouf. Nous prenons un repas léger, offert par Intersoc et l'attente recommence près des gates. Je trouve un endroit tranquille et libre avec des chaises longues super confortables pour la dernière demi-heure d'attente.
Le vol se concrétise enfin et les rangées du fond de l'avion sont pour notre groupe. Nous pouvons quand même un peu nous reposer sous la protection de la schtroumpfette, déjà un peu chez nous, le pays des schtroumpfs à Genval.
Vers 1h du matin, donc le 17 mai ! nous arrivons enfin à Bruxelles. Bien sûr, pas de trains à cette heure-là. Nous prenons un taxi qui nous coûtera quand même 67 euros et ... une aventure supplémentaire pour retrouver le portefeuille de Daniel tombé dans le taxi au moment du paiement : full stress lorsque la correspondante de la société de taxi nous dit vers midi que finalement ce n'était pas la dernière course du chauffeur : blocage des cartes bancaires et déclaration à la police, quand le portefeuille réapparait miraculeusement en fin d'après-midi. Merci la grève de Skeyes !
Carnet de voyage